Ici, je porte un sweat-shirt Ocracoke avec ma mère et ma sœur. Photo prise en 1964

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De Carole Sierpien

1964 et je n’avais que 8 ans. Nous avions installé notre tente dans le camping du village, là où aujourd’hui se trouve un grand stationnement, en face de Silver Lake. Le quai accueillait des bateaux de pêche et quelques voiliers; l’après-midi on prenait le chemin de la plage, près de l’aéroport ou bien, mon père nous amenait en voiture sur le chemin sableux vers la pointe sud. Lui lançait une ligne à la mer et moi, je me trouvais des petits lacs laissés par la marée pour m’y plonger.

La plage! C’était ma première rencontre avec des vagues, ces compagnons qui m’ont appris à garder la tête haute et les yeux ouverts, sinon je risquais de me payer une tasse d’eau salée! J’ai appris à sauter pour les éviter, à me laisser soulever par elles et puis à plonger dans leur creux avant qu’elles ne cassent. Je me rappelle la fois que ma sœur, en voyant s’approcher une très grosse vague, a crié « Jésus, Marie, Joseph … » pour nous avertir, mais il était trop tard. Encore aujourd’hui, on en rit.

Le soir, nous partions à pied dans les chemins sableux du village pour visiter les petits cimetières. Ma mère aimait beaucoup les cimetières. C’était émouvant de retrouver celui où, le temps d’une année, plusieurs enfants étaient décédés. La grippe peut-être ou un autre malheur. Au retour de notre marche, nous nous arrêtions au Community Store pour une crème glacée et nous nous asseyions sur un banc à côté de Jack’s Store. Des fois, mon père nous amenait dans la baie pour pêcher la sole au harpon. Quelle émotion de mettre le pied sur une raie qui était enfoui dans le fond !

Nous sommes revenus tous les ans pour nos vacances d’été. Puis les années ont passé. Pendant mes années de résidence à Chapel Hill, j’y venais parfois, dont une fois dans le creux de l’hiver. J’avais pris une chambre dans le Island Inn. J’y prenais mes repas avec les quelques pêcheurs et autres convives et je faisais de longues marches sur la plage, balayée de vents, de pluie et d’écume.

Depuis 2019, j’ai renouvelé mes visites à Ocracoke, presqu’à chaque année. J’étais triste de voir le désastre, humain et matériel, causé par Dorian. Les tempêtes fréquentes et dévastatrices grugent un peu plus à chaque année le nord de l’île, presque non reconnaissable maintenant. Et je ne sais pas quoi penser des grosses constructions sur le pourtour du village : des résidences secondaires, souvent louées, mais qui contrastent avec la relative modestie du village. Je suis, moi-même, un des éléments qui contribuent à la fois à la prospérité de l’île en tant que visiteuse, mais aussi je ne suis qu’une passante, quelqu’un qui vient profiter de la beauté de l’île sans y apporter un vrai secours.

Sur une note plus joyeuse, j’avoue que l’île est devenue pour moi un lieu mythique. Un lieu qui me relie à mon passé, certes, mais aussi un lieu de contemplation et de quiétude, un lieu où je peux prendre du recul, où je joue dans les vagues et cherche des coquillages, où l’émerveillement se produit là où je m’y attends le moins : une petite grenouille verte sur une chaise, un dollar de sable sur le bord de l’eau, un soleil couchant rouge sur la baie, une rencontre chaleureuse avec Peter Vankevich qui m’a invité à passer sur la radio insulaire WOVV pour diffuser les chansons du Québec.

Carole Sierpien était invitée sur WOVV, la radio communautaire d’Ocracoke. Photo de Peter Vankevich

Née à Montréal, Carole Sierpien vit à Saint-Mathieu-de-Rioux, Québec. Elle est titulaire d’un baccalauréat en mathématiques de McGill University et d’une maîtrise en informatique de l’UNC Chapel Hill. Après avoir vécu 17 ans aux États-Unis, elle est revenue au Québec où elle a été analyste auprès du gouvernement du Québec. Depuis sa retraite, elle étudie la philosophie et est conseillère municipale à Saint-Mathieu.

Photo de Carole Sierpien

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