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Leonard C. Meeker (1916-2014) Une vie extraordinaire

Note: This is a French translation of an obituary published by the Ocracoke Observer. To read the English click here:

Par Peter Vankevich

Leonard Meeker Photo from the United Nations Dag Hammarskjöld Library

Leonard Meeker Photo from the United Nations Dag Hammarskjöld Library

Leonard Carpenter Meeker,  est décédé paisiblement le 29 novembre, à son domicile après une longue maladie, entouré par son épouse Beverly et son fils James. Il avait 98 ans. Il n’y a pas eu de funérailles. Un hommage commémoratif lui sera rendu en avril prochain, à la date  de son anniversaire. Il aurait eu 99 ans.
 
Leonard a eu une longue carrière, il a  notamment exercé    dans le service public, la diplomatie et la justice sociale. Il a servi comme conseiller juridique au Département d’État des ÉTATS-UNIS  sous le président Lyndon B. Johnson de 1965 à 1969, et comme Ambassadeur en Roumanie de 1969 à 1973.
 
Après avoir quitté les services du gouvernement, pendant de nombreuses années il a été à la fois  avocat et  directeur de projet Internationaux au Centre de droit et de la politique sociale à Washington, D.C. . A cette période, il a été amené à voyager enAfrique et en Amérique latine pour aider les avocats locaux dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Il a aussi siégé comme membre du conseil d’administration de l’ « Union of Concerned Scientists », une organisation à but non lucratif pour l’environnement et la paix.
 
Son amour pour Ocracoke a commencé en 1952, lorsque lui et son ami d’enfance, Charles Runyon, qui a également travaillé au Département d’État, s’y sont rendus pour la première fois. La beauté naturelle et sauvage de l’ile, la possibilité de nager et de faire de la voile les a enthousiasmés. Tous les deux ont fini par acheter des maisons  sur l’île.
En 2002, Leonard a déménagé pour vivre à plein temps sur Windmill Point, dans la dernière maison que l’on voit quand  on quitte le port de Silver Lake en ferry.
 
Il a été impliqué dans la communauté, y compris comme président du   Conseil consultatif de  planification d’Ocracoke pendant de nombreuses années.
 
En homme discipliné, Leonard a maintenu sa  condition physique aussi longtemps que sa santé le lui a permis, il nageait tous les jours.
“Parfois, trois fois par jour”, dit Beverly. “Il allait courir à la plage.” Il surprenait les autresbaigneurs  et les maitres nageurs aussi bien par les distances parcourues qu’en nageant une demi-heure ou plus dans les vagues dit-elle. Il connaissait  les maitres nageurs de la plage publique dont il avait fait la connaissance au fil des années, il est devenu et est resté ami avec beaucoup d’entre eux.
 
Né en 1916, il a grandi à Montclair, New Jersey. Leonard était  diplômé de Deerfield Academy (1933), Amherst College (1937) et de la Harvard School of Law (1940). Il a commencé sa carrière juridique au Bureau du Conseiller général du Département du Trésor américain et au bureau du Solliciteur général, qui gère le contentieux du gouvernement fédéral à la Cour suprême.
 
En 1942, il est entré à l’armée US comme simple soldat et était premier lieutenant au moment de la démobilisation en 1946. Au cours de sa période dans l’armée Leonard a été sélectionné pour servir à l’ « Office of Strategic Services (OSS) », une  agence de renseignements en temps de guerre. Une de ses missions fut de voyager à travers la Chine pour évaluer l’impact que représenterait  la prise de pouvoir par les communistes. Après l’armée, il rejoint le bureau du Département d’État du Conseiller juridique. Il a été nommé  conseiller juridique adjoint pour les Affaires des Nations Unies en 1951, conseiller juridique adjoint en 1961, et  conseiller juridique du Département d’État en 1965.
 
L’un des faits saillants de sa carrière inclus son implication dans la crise des missiles de Cuba. Une confrontation de 13 jours en octobre 1962 entre les États-Unis et l’Union soviétique, au sujet de missiles balistiques déployés à Cuba. Leonard rédige alors un mémorandum top secret (maintenant déclassifié) intitulé “sur les aspects juridiques de la déclaration d’un blocus de Cuba.” Le 19 octobre 1962, il  présenta ses vues au cours d’une réunion qu’il a qualifié de “tendue”  et à laquelle ont assisté de hauts fonctionnaires de l’administration Kennedy :  Dean Rusk, Robert McNamara, Robert Kennedy, McGeorge Bundy, C. Douglas Dillon, Paul Nitze, Theodore Sorensen et Dean Acheson.
 
Dans son analyse, Leonard n’était pas convaincu de la légalité d’un blocus mais il était certain que le Conseil de sécurité des Nations Unies ne pourrait pas l’approuver. Il espérait que l’Organisation des États américains (OEA) pourrait présenter une chance de légitimité, mais qu’à son avis, il serait très difficile d’obtenir les deux tiers requis par un vote pour adopter une telle résolution. Au lieu de cela, Leonard proposa que les ÉTATS-UNIS décrivent ses actions bloquant l’expédition des missiles à Cuba comme une “quarantaine”.  Alors qu’un “blocus” aurait été perçu comme un acte de guerre, une “quarantaine” ne l’était pas. Cela a contribué à désamorcer l’une des plus graves crises internationales de l’ère moderne.
 
En commémoration du 50e anniversaire de la crise des missiles cubains en Octobre 2012, Leonard  fit une conférence  intitulée “le président Kennedy et Cuba” à la Bibliothèque de Ocracoke. En guise d’introduction, il a souligné que la nation pouvait regarder une émission spéciale ce soir-là sur la crise des missiles de Cuba diffusée sur PBS, ou aller sur le site web de la « Kennedy School of Government » pour voir le sujet.  Au lieu de cela, de nombreux Ocracokers furent présents pour entendre le compte rendu de ce qui s’était passé lors d’une  des réunions les plus importantes de l’histoire américaine. (la conférence peut être entendu ici).
 
Bien que Leonard aimait raconter des anecdotes amusantes sur sa carrière d’ambassadeur dans un pays communiste “derrière le rideau de fer,” – en particulier ses interactions avec son chef de l’Etat, Nicolae Ceauşescu et sa femme, Elena- il ne considérait pas ce mandat en tant qu’ambassadeur comme un point saillant de sa longue carrière.
 
L’importance historique de son œuvre juridique et de ses analyses politiques a été soutenue. Aussi récemment qu’en octobre, il a été cité dans un article écrit par Armin Rosen et publié par « Business Insider » au sujet de la réaction des  ÉTATS-UNIS lors  du premier essai nucléaire de la Chine il y a 50 ans.
 
Une interview avec Leonard Meeker est incluse dans les collections de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld: l’Organisation des Nations Unies l’histoire orale, (peut être entendu ici).
Leonard étaient également intéressé par l’art avec un penchant pour les impressionnistes français.
 
Un peintre accompli, une collection de ses peintures à l’huile est accrochée dans sa maison d’ Ocracoke. D’autres peintures  sont dispersées parmi les membres de sa famille et de ses amis.
Il était toujours à l’écoute de musique classique à la radio, Beverly nous a  dit, que parmi ses genres classiques préférés il y avait le baroque et la musique du 20e siècle, en particulier Charles Ives.
En 2007, Leonard a publié  un ensemble de trois volumes donnant  son point de vue sur la vie, “Philosophie et politique “, ” expériences ” et ” Histoires.”
 
En tant qu’homme aux grandes qualités humaines, Leonard aimait à recevoir et était à la fois un divertissant causeur et habile auditeur. Il aimait  répondre aux nombreuses questions posées par les curieux. Évitant les formalités du titre, il était tout simplement appelé “Leonard” ou “Len” par ses nombreux amis sur l’Île d’Ocracoke.
 
En 1947, il a épousé Christine Halliday, décédée en 1958. En 1969, il a épousé Joan Beverly Meeker. En plus de Beverly, il laisse dans le deuil ses six enfants. De sa première femme, Christine, ce sont Richard Halliday Meeker de Portland, Oregon; Charles Carpenter Meeker de Raleigh,  Caroline du Nord et Sarah Louise Meeker Jensen de Los Angeles, Californie. Ses trois enfants avec Beverly sont Eliza Ann Hunt Meeker de Paris, France; Dr James Edward Weeks Meeker de Portland, Oregon; et Benjamin Gilman Chester Meeker de Bloomfield Hills, Michigan.
 
Les dernières années de Leonard à Ocracoke ont été rendues plus agréables grâce aux soins   que lui a fournis son épouse, Beverly. Pendant ce temps, il a continué de profiter de l’heure du cocktail, inviter ses nombreux amis sur la  véranda, avec des vues splendides sur  le port de Silver Lake avec la lumière d’Ocracoke, sur Pamlico Sound et le spectacle quotidien d’un coucher de soleil d’Ocracoke.
 
Cette année, il a été entouré par plusieurs aides soignants extraordinaires.  Amanda Cochran et Megan Aldridge ont fournit des soins remarquables pratiquement 24 heures sur 24. Au cours des dernières semaines de la vie de Leonard elles ont été accompagnées par Janet Anthony. Calvin Hanrahan fournissait une thérapie physique trois fois par semaine : “amplitude de mouvement”. En charge des soins de fin de vie  la Dre Erin Baker supervisait les soins hospitaliers fournis par   Carrie Jones, RN, son infirmière, Linda Fulford et Deborah Williams, ses aides. Ann Ehringhaus a grandement contribué à son confort avec le Reiki. En bref, les Ocracokers ont contribué inlassablement aux derniers mois de Leonard.
Une des grandes surprises de ma vie”, m’a dit Richard, le fils aîné de Leonard, “fut qu’en arrivant à  Ocracoke un dimanche après-midi j’ai trouvé mon père( c’était dans les années 90)  en grande conversation sur “skype” avec ma soeur Sarah en français! Mon père a été extrêmement encourageant et fier  de  tous ses enfants. Il a particulièrement apprécié Charles, élu du service public de Raleigh pendant  près de trois décennies et au cours de la dernière décennie comme maire.”
La famille suggère que les dons à la mémoire de Leonard Meeker soient fait à la Ocracoke Preservation Society.